Le destin en a décidé autrement et c’est après avoir tergiversé longtemps… en passant même par des études en paramédical &
psychologie… que je me suis lancée dans la finance. Il faut tout de même admettre, que le métier de financier est lexicalement indigent avec ses 'business plan', 'souscriptions' et autres 'junk
bonds'. A vrai dire, je n’ai jamais tout à fait digéré cette trahison… j'ai préféré la voie de l'Argent, à la voie de l’Art…
Toutefois, comme il n’est jamais trop tard pour se repentir, me voilà à nouveau inscrite pour la session 2007/2008 aux cours du soir des Arts & Métiers. Mon choix c’est porté sur les cours
d’Histoire de l’Art, Peinture et Photographie.
Pour la photographie, ce sera ma troisième année et dernière, car j’avais déjà suivi des cours de photographie argentique, portant sur les techniques photographiques comme les réglages, les
objectifs, les films, le développement. A présent ce cours sera plus accès sur les techniques numériques, notamment sur la composition, la prise de vue et l'esthétique…
Je suis impatiente de reprendre les cours… je suis particulièrement attirée par les portraits… le corps sans reste, sans suite, le corps-phénomène, ici-maintenant, son apparition, à l'instant
advenant…lorsque je photographie je veux l'espace sans le temps, l'étendue en un clin, l'instant tétanisé, l'instant : point.
Telle est ma pratique du portrait… je prends l'art aux mots, portrait : pour traire, arracher le corps au corps, retirer un extrait de corps …j’affectionne également l’autoportrait… j’aime
me photographier -- me prenant, me sur-prenant - comme mon image dans le miroir reproduite…
L'exercice photographique de l’autoportrait me met en jeu comme sujet, je deviens l'écho du sujet … ce n’est pas un double de moi-même, mais au lieu
déplacé de l'autre… l’écho où la répétition fait autrement sens… je me sens comme décentrée de moi-même…cela me plait de déménager ainsi mes sens….
La photographie me donne comme l’impression de posséder un pouvoir surnaturel… comme si par mon action la vie serait sous le coup d'arrêt, le coup de l'arrêt de mort…le sujet est saisi sur le
champ : dans l'accroc du temps… immortalisé…
Durant toutes ses années j’ai réuni des centaines d’autoportraits… quasi une œuvre à l’effigie de moi-même… c'est quelque part se voyager, se doubler…sans le garde-fou d'une protection
narcissique…
Vanité des vanités, tel est le portrait de mon délire !
Qui me dérange!?