Mais comment font-ils, ceux qui tiennent un
vrai journal digne de ce nom ? Comment arrivent-ils a vivre ET à écrire en même temps ? J'ai tellement de retard dans ce blog que je me demande si je ne vais pas demander un congé spécial pour
le compléter. Et encore ! Il faudrait que pendant ces quelques jours, je ne sois amenée à ne vivre rien d'autre que le tic-tic-tic du clavier.
Je suis crevée, liquidée, atomisée, morte, lessivée, écroulée, défaite, détruite, épuisée, claquée, vidée et un peu fatiguée aussi quand
même...
Mais sérieusement comment font-ils? J'écris vite, sans relire, sans corriger et je n'arrive tout simplement pas à relater la vie que je
mène, mes émotions, mon ressenti, mes rêves et aspirations...
Dois-je choisir entre vivre et écrire, puisqu'il devient illusoire d'essayer d'écrire ce que je vis ? Le paradoxe ultime... si je ne vis
rien que pourrais-je bien écrire sur ma vie ? Ne rien vivre. Voila une solution intéressante. Ne rien ressentir, ne plus être dans le flux violent des émotions, balancée entre joie et peine,
tranquillité et colère, ne pas vivre, juste être, pas même exister. Du coup, plus rien ne touche, ne blesse….
Mais j'aime ma vie chahutée, finalement. Je suis amoureuse de ces états extrêmes. Mon besoin d'écrire trahit la nécessité de me souvenir
de ce qui se passe, de ce que j'ai vécu, même si tout cela n'a rien d'extraordinaire. Je suis juste surprise de le faire en "public", de donner l'occasion a des inconnus de jeter un regard dans
ma profonde intimité, dans ma nue vérité habillée parfois de mots intéressants….